Logo : [SIP2] - Site Internet Pédagogique du second degré de Mayotte Réalisé par les élèves des écoles élémentaires Tsararano et Koungou - B. DANDJOU CDP Arts Visuels
  • Education Musicale
  • Arts plastiques
  • EPS
  • Histoire-géographie
  • Lettres
  • Langues vivantes
  • Philosophie
  • Mathématiques
  • Sciences physiques
  • SVT - Sciences de la Vie et de la Terre
  • TECHNOLOGIE
  • Sciences & Techniques Industrielles (STI)
  • SMS / ST2S : SMS / Sciences et Technologies de la Santé et du Social
  • Sciences Biologiques et Sciences Sociales Appliquées (SBSSA)
  • Sciences Economiques et Sociales (SES)
  • Economie Gestion
  • Lettres-Histoire en LP
  • Mathématiques & Sciences en LP
  • Tertiaire en LP
  • BTS
  • Archives
  •  
    banque de données documentaires

    L’immigration comorienne vers Madagascar à la fin des années 1950

    analyse de Hubert Deschamps, 1959
     

    L’immigration comorienne vers Madagascar, 1959

    Source : H. Deschamps, Les migrations intérieures à Madagascar, ed. Berger-Levrault, Paris, 1959.

    "L’importance de cette migration et son accroissement rapide ne permettent pas de la négliger.

    Le Conseil supérieur des Recherches sociologiques outre-mer, en liaison avec les services statistiques de Madagascar, vient [1959] de procéder à une enquête démographique aux Comores dont les résultats permettront d’évaluer exactement la population de ces îles et leurs perspectives d’accroissement.

    Dès maintenant, nous savons qu’elles sont surpeuplées, notamment Anjouan et la Grande Comore qui comptent 77 habitants au km2 total et plus de 140 habitants par km2 cultivable. Le pourcentage des moins de 20 ans est de 48% à la Grande Comore et 55% à Anjouan. Il doit augmenter notablement dans les années à venir par suite des campagnes contre les endémies menées depuis ces dernières années sur les fonds du FIDES.

    Ces circonstances critiques, dans des îles volcaniques de superficies limitées et de ressources peu extensibles, ont poussé les Comoriens à l’émigration, soit vers Zanzibar, où l’on compte environ 3000 Comoriens, et surtout vers Madagascar où la population comorienne est ainsi répartie :

    Province de Majunga : 27 254 au total

    (dont Majunga : 22 812 = 37% de sa population)

    Province de Diégo-suarez : 15 943 au total

    (dont Nosi-Bé : 1970 = 6 % de sa population

    Diégo : 9 122 = 17% de sa population)

    Province de Tamatave : 1 249 au total

    (dont Tamatave-ville : 885 = 1,7% de sa population)

    Province de Tuléar : 965 au total

    Province de Tananarive : 814 au total.

    Soit au total 46 597 Comoriens si on ajoute une centaine qui vivent dans la province de Fianarantsoa.

    La répartition indique le caractère essentiellement côtier et urbain de cette immigration. Elle affecte surtout la côte Nord-Ouest, qui fait face aux Comores. D’ores et déjà, Majunga est une ville en majorité comorienne.

    Les Comoriens viennent en famille (15 000 hommes, 13 000 femmes, 18 000 enfants de moins de 15 ans), sauf certains travailleurs temporaires.[…]

    Ils sont ouvriers, manœuvres, domestiques, parfois boutiquiers, plus rarement cultivateurs, dans la banlieue des villes. C’est une population fluctuante, instable, dont certains éléments n’ont guère d’activité définie. Beaucoup retournent aux Comores, quitte à revenir. Beaucoup restent. 16% sont nés à Madagascar.

    L’accroissement, en partie naturel, mais surtout par immigration, est rapide. En 1921, on ne comptait encore que 6300 Comoriens, en 1934, 14 000, en 1951, 28 100.

    Les Comoriens trouvent sur la côte Nord-Ouest des éléments favorables […].Leur influence sur la consolidation de l’Islam local [= malgache], jusqu’ici tout théorique, peut être grande.

    L’immigration comorienne s’accroît rapidement. Elle est une soupape dont les Comores se passeraient difficilement. Ses conséquences peuvent être intéressantes économiquement pour les entreprises de la Côte Ouest [de Madagascar].

    Politiquement, elles peuvent apparaître plus contestables pour le peuple malgache, lui-même en pleine croissance, et dont l’emploi fixera sans doute, un jour, des limites à l’expansion comorienne."

    Dans la même rubrique


    Logo d'EVA

    Documentation
    Aide aux rédacteurs