Logo : [SIP2] - Site Internet Pédagogique du second degré de Mayotte Réalisé par les élèves des écoles élémentaires Tsararano et Koungou - B. DANDJOU CDP Arts Visuels
  • Education Musicale
  • Arts plastiques
  • EPS
  • Histoire-géographie
  • Lettres
  • Langues vivantes
  • Philosophie
  • Mathématiques
  • Sciences physiques
  • SVT - Sciences de la Vie et de la Terre
  • TECHNOLOGIE
  • Sciences & Techniques Industrielles (STI)
  • SMS / ST2S : SMS / Sciences et Technologies de la Santé et du Social
  • Sciences Biologiques et Sciences Sociales Appliquées (SBSSA)
  • Sciences Economiques et Sociales (SES)
  • Economie Gestion
  • Lettres-Histoire en LP
  • Mathématiques & Sciences en LP
  • Tertiaire en LP
  • BTS
  • Archives
  •  
    HISTOIRE, TROISIEME

    LES ANNEES TRENTE A MAYOTTE

    Exploiter les archives orales
     

    OBJECTIFS :

    -  Exploiter les Archives orales

    MOTS-CLES :

    -  Archives orales

    -  traditions

    -  cyclone Disseli

    DOCUMENTS

    Document 1

    La collecte des traditions orales nous permet de nous renseigner sur la vie de nos ancêtres et surtout de faire revivre notre culture qui est en train de disparaître. Dans la société moderne, on a la tendance à oublier nos traditions, donc notre passé. Cela nous a poussé à nous intéresser aux traditions orales qui sont la source de la culture mahoraise. Il faut les mettre en valeur pour les jeunes de demain.

    Nous avons choisi de travailler sur le cyclone Disseli car il s’agit d’un grand cyclone qui frappa Mayotte en 1934 et qui provoqua une grande famine. Aucune trace n’existe dans les documents écrits. (...)

    Noms des élèves ayant recueillis des témoignages :

    -  Ali Ida, 1ère ES2

    -  El Hadad Soihirat, 1ère ES2

    -  Idaroussi Freda, 1ère ES 2

    -  Maandhui Saoudati, 1ère L1

    Extrait de : "Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999

    Questions :

    1. Qu’appelle-t-on des "traditions orales" ?
    1. Pourquoi est-il nécessaire de les collecter ?

    Document 2 : Témoignage de Bakari Masundi du village de M’Zoizia né en 1912

    MP3 - 167.5 ko
    Document 2 : Témoignage de Bakari Masundi du village de M’Zoizia né en 1912
    Fichier MP3 (20Kbps, 11025Hz, Mono) ajouté en mai 2004 par Stéphane Vautier et Alexandre Brouillaud

    « Il ne restait rien à M’Zoizia. Toutes les maisons s’étaient écroulées.

    J’avais un petit banga avec mon beau frère qui s’appelait Chamassi. Craignant qu’il ne tombe, nous nous sommes abrités dans une maison plus grande alors que notre banga fut épargné. Cette maison s’effondra. Il nous restait qu’aller à la mosquée. Ici, on ne priait pas, on s’abritait seulement. Nous disions des prières, mais ça ne sortait pas bien à cause de la peur.

    Le matin qui suivit le cyclone, nous rentrâmes dans notre petite maison et nous y trouvâmes une petite lampe en ferraille qui était allumée !

    Tous les arbres étaient couchés par terre. Il n’y avait plus une seule maison. Le cyclone avait duré longtemps, du soir jusqu’à l’aube.

    On nous donna du riz. C’était l’Etat qui l’envoyait. On distribuait le riz dans les villages par boutre. Il fonctionnait avec des voiles.

    On mangeait des trico et des bunga [1] mais au village il n’y en avait plus ; on allait donc jusqu’à Soulou en chercher. C’était la famine ! On utilisait même les cocotiers déracinés par le cyclone : on coupait l’extrémité du tronc pour avoir le salé [2] qu’on faisait cuire. On mangeait aussi le mvovu ou arita [3]. »

    Témoignage recueilli par Ali Ida - 1ère ES2

    Extrait de "Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999


    Document 3 : Témoignage de Moinou Madi du village de Bweni

    MP3 - 276.3 ko
    Document 3 : Témoignage de Moinou Madi du village de Bweni
    Fichier MP3 (20Kbps, 11025Hz, Mono) ajouté en mai 2004 par Stéphane Vautier et Alexandre Brouillaud

    « Le cyclone est arrivé en 1934 vers la moisson, le riz commençait à mûrir. C’était l’époque des plantations ; la sucrerie de Combani fonctionnait encore car mon père y travaillait. L’industrie de sisal marchera quelques temps après le cyclone.

    Mon père était resté chez lui car son frère qui pratiquait la magie, avait "vu" que quelque chose allait se passer.

    La radio renseignait les habitants, mais finalement on l’apprit trop tard. Ce fut une surprise pour les gens.

    A la nuit tombante, la population s’était regroupée dans les maisons les plus solides, c’étaient les maisons en raphia. Toutefois, dès le premier coup de vent, toutes les maisons sans exception s’écroulèrent. Heureusement, il n’y eut pas de blessés dans mon village. La maison où j’habitais fut abattue par un cocotier. Les gens restèrent debout sous la pluie jusqu’à l’aube.

    Le cyclone n’avait duré qu’une nuit et les dégâts furent immenses. C’était déjà une période de crise ; la population mangeait des bunga et des trico [4] et le cyclone avait détruit toutes les récoltes. Les Mahorais se demandaient pourquoi Dieu leur avait envoyé un cyclone, alors qu’il y avait déjà la famine, qui avait détruit les nouvelles récoltes et même les arbres fruitiers. Les gens s’étaient donc retrouvés sans rien à manger et sans maison.

    Le Français de Coconi demanda à tous les chefs de village de recenser les familles dans chaque village. Une distribution d’aliments fut donc effectuée sur la base du nombre des membres qui composaient une famille. Dans le sud de l’île, cette distribution se faisait à Bandrélé, à M’Gnambani (entre la carrière de Mutsamudu et chez Dadilahi Djabu), et à Chirongui ; il y avait aussi des boutres qui refournissaient certains villages. La nourriture consistait essentiellement en riz.

    Le cyclone a pris le nom de ce Français, Disseli, car il avait aidé la population mahoraise à sortir de la famine. »

    Témoignage recueilli par : El - Faouzi Soumaila - 1ère G

    Extrait de "Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999


    EVALUATION

    1. Quelles informations communes nous apportent ces deux témoignages (documents 2 et 3) sur la vie quotidienne (habitations, cultures de rente et vivrières, situation alimentaire) et les conséquences du cyclone ? Faire un tableau :
    VIE QUOTIDIENNE CONSEQUENCES DU CYCLONE
    - -
    - -
    1. En quoi ces deux témoignages diffèrent ou concordent au sujet de l’organisation des secours ?
    1. Chercher au CDI quelle était la situation politique et économique de Mayotte dans les années 1930 ?
    1. Rédiger une synthèse de 15 lignes sur la vie de Mayotte dans les années 1930.
      • Ecrire 3 lignes d’introduction sur l’intérêt de recueillir des témoignages
      • Un paragraphe sur la vie quotidienne à Mayotte à cette époque
      • Un paragraphe sur les conséquences du cyclone
      • Un paragraphe sur les secours
      • Conclure sur la situation politique et économique de Mayotte

    Bibliographie

    -  VERIN, Pierre, Les Comores, Edition Karthala, 1994

    -  FONTAINE, Guy, Mayotte, Edition Karthala, 1995

    -  "Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999

    Notes de bas de page

    [1] Variétés d’igname dans cette région

    [2] Chou coco

    [3] Arbuste dont on utilise les fruits. Autrefois, ces fruits mélangés avec l’eau étaient utilisés comme savon

    [4] Famille de l’igname

    Dans la même rubrique


    Logo d'EVA

    Documentation
    Aide aux rédacteurs