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Taux de fécondité, nombre de naissances à Mayotte
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OBJECTIFS :
Exploiter les Archives orales
MOTS-CLES :
Archives orales
traditions
cyclone Disseli
Document 1
La collecte des traditions orales nous permet de nous renseigner sur la vie de nos ancêtres et surtout de faire revivre notre culture qui est en train de disparaître. Dans la société moderne, on a la tendance à oublier nos traditions, donc notre passé. Cela nous a poussé à nous intéresser aux traditions orales qui sont la source de la culture mahoraise. Il faut les mettre en valeur pour les jeunes de demain.
Nous avons choisi de travailler sur le cyclone Disseli car il s’agit d’un grand cyclone qui frappa Mayotte en 1934 et qui provoqua une grande famine. Aucune trace n’existe dans les documents écrits. (...)
Noms des élèves ayant recueillis des témoignages :
Ali Ida, 1ère ES2
El Hadad Soihirat, 1ère ES2
Idaroussi Freda, 1ère ES 2
Maandhui Saoudati, 1ère L1
Extrait de : "Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999
Questions :
Document 2 : Témoignage de Bakari Masundi du village de M’Zoizia né en 1912
« Il ne restait rien à M’Zoizia. Toutes les maisons s’étaient écroulées.
J’avais un petit banga avec mon beau frère qui s’appelait Chamassi. Craignant qu’il ne tombe, nous nous sommes abrités dans une maison plus grande alors que notre banga fut épargné. Cette maison s’effondra. Il nous restait qu’aller à la mosquée. Ici, on ne priait pas, on s’abritait seulement. Nous disions des prières, mais ça ne sortait pas bien à cause de la peur.
Le matin qui suivit le cyclone, nous rentrâmes dans notre petite maison et nous y trouvâmes une petite lampe en ferraille qui était allumée !
Tous les arbres étaient couchés par terre. Il n’y avait plus une seule maison. Le cyclone avait duré longtemps, du soir jusqu’à l’aube.
On nous donna du riz. C’était l’Etat qui l’envoyait. On distribuait le riz dans les villages par boutre. Il fonctionnait avec des voiles.
On mangeait des trico et des bunga [1] mais au village il n’y en avait plus ; on allait donc jusqu’à Soulou en chercher. C’était la famine ! On utilisait même les cocotiers déracinés par le cyclone : on coupait l’extrémité du tronc pour avoir le salé [2] qu’on faisait cuire. On mangeait aussi le mvovu ou arita [3]. »
Témoignage recueilli par Ali Ida - 1ère ES2
Extrait de "Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999
Document 3 : Témoignage de Moinou Madi du village de Bweni
« Le cyclone est arrivé en 1934 vers la moisson, le riz commençait à mûrir. C’était l’époque des plantations ; la sucrerie de Combani fonctionnait encore car mon père y travaillait. L’industrie de sisal marchera quelques temps après le cyclone.
Mon père était resté chez lui car son frère qui pratiquait la magie, avait "vu" que quelque chose allait se passer.
La radio renseignait les habitants, mais finalement on l’apprit trop tard. Ce fut une surprise pour les gens.
A la nuit tombante, la population s’était regroupée dans les maisons les plus solides, c’étaient les maisons en raphia. Toutefois, dès le premier coup de vent, toutes les maisons sans exception s’écroulèrent. Heureusement, il n’y eut pas de blessés dans mon village. La maison où j’habitais fut abattue par un cocotier. Les gens restèrent debout sous la pluie jusqu’à l’aube.
Le cyclone n’avait duré qu’une nuit et les dégâts furent immenses. C’était déjà une période de crise ; la population mangeait des bunga et des trico [4] et le cyclone avait détruit toutes les récoltes. Les Mahorais se demandaient pourquoi Dieu leur avait envoyé un cyclone, alors qu’il y avait déjà la famine, qui avait détruit les nouvelles récoltes et même les arbres fruitiers. Les gens s’étaient donc retrouvés sans rien à manger et sans maison.
Le Français de Coconi demanda à tous les chefs de village de recenser les familles dans chaque village. Une distribution d’aliments fut donc effectuée sur la base du nombre des membres qui composaient une famille. Dans le sud de l’île, cette distribution se faisait à Bandrélé, à M’Gnambani (entre la carrière de Mutsamudu et chez Dadilahi Djabu), et à Chirongui ; il y avait aussi des boutres qui refournissaient certains villages. La nourriture consistait essentiellement en riz.
Le cyclone a pris le nom de ce Français, Disseli, car il avait aidé la population mahoraise à sortir de la famine. »
Témoignage recueilli par : El - Faouzi Soumaila - 1ère G
Extrait de "Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999
| VIE QUOTIDIENNE | CONSEQUENCES DU CYCLONE |
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VERIN, Pierre, Les Comores, Edition Karthala, 1994
FONTAINE, Guy, Mayotte, Edition Karthala, 1995
"Histoires et légendes mahoraises" Archives orales - Cahier n° 3 - Editions du Baobab. 1999