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    LES ÉPREUVES ANTICIPÉES DE FRANÇAIS AU BACCALAURÉAT

     
    Synthèse des différents B.O. qui organisent l’EAF, et recommandations aux examinateurs et correcteurs, par M. F. DUPRÉ, IA-IPR à La Réunion.

    EPREUVE ECRITE

    DEFINITION

    Cf. BO n°26 du 28 juin 2001

    Durée : 4 heures

    Coefficients : 3 en série L / 2 dans les autres séries

    Tous les sujets prennent appui sur un ensemble de textes (corpus), représentatifs d’un ou de plusieurs objets d’étude du programme de première imposés dans la série du candidat. Une ou deux questions portant sur le corpus et appelant des réponses rédigées peuvent être proposées aux candidats (notées au maximum sur 4 points en séries générales et sur 6 points en séries technologiques).

    Sujet 1 : commentaire d’un texte littéraire (du corpus). En séries générales le candidat compose un devoir qui présente de manière organisée sa lecture du texte ; en séries technologiques le candidat suit le parcours de lecture (sous la forme de 2 ou 3 questions) suggéré dans le libellé.

    Sujet 2 : dissertation ( réflexion personnelle et argumentée) à partir d’une problématique littéraire issue du programme et s’appuyant sur le corpus.

    Sujet 3 : écriture d’invention, en liaison avec les textes du corpus, qui conduit le candidat à écrire un texte d’une forme spécifique en fonction d’un certain nombre de consignes précises. En aucun cas il ne sera demandé, le jour de l’examen, l’écriture de texte de pure imagination, libre et sans contrainte.

    2 COMMENTAIRES

    Cf. Annales zéro (CNDP 2001) et Commentaires et éléments de corrigé (DESCO février 2002)

    Questions : Elles portent sur la totalité du corpus et imposent donc qu’il soit lu par les candidats. La réponse doit être rédigée, argumentée, étayée par des observations et références précises. Toutefois on ne saurait exiger qu’elle soit très développée, l’élève devant gérer son temps de façon à pouvoir aussi traiter le sujet principal.

    Sujet 1 : Commentaire

    Pour les séries générales, le commentaire peut prendre des formes d’organisation variées (plan "composé" ou élaboration épousant le mouvement du texte ; seule est exclue une présentation qui distinguerait artificiellement entre le fond et la forme ou qui ferait se succéder, sans liens entre elles et sans perspectives, des remarques juxtalinéaires).

    Pour les séries technologiques, les questions s’articulent entre elles et induisent le développement d’une réflexion organisée. Il n’est pas nécessaire d’exiger du candidat la rédaction de transitions, d’une introduction et d’une conclusion canoniques ; en revanche, on valorisera les productions qui auront su marquer une réelle cohérence du propos.

    Il est possible que le sujet impose un commentaire comparé de deux textes du corpus ; dans ce cas le lien entre les textes doit être fort et évident.

    Sujet 2 : Dissertation

    Un devoir qui ne prendrait appui que sur les textes du corpus peut tout à fait avoir plus que la moyenne si ces derniers sont mobilisés de façon pertinente. Bien évidemment on valorisera les devoirs qui, au delà du corpus, auront su mobiliser d’autres lectures et études (cf. critère 2 de la grille d’évaluation).

    Sujet 3 : Ecriture d’invention

    L’écriture d’invention peut prendre des formes variées, qui s’inscrivent dans les orientations suivantes : article, lettre, monologue délibératif, dialogue (y compris théâtral), discours devant une assemblée, essai, récit à visée argumentative (fable, apologue...), et, pour la série littéraire, amplification, parodie et pastiche.

    Les sujets d’invention proposent un certain nombre de contraintes, liées généralement à une situation de communication dans laquelle le candidat se voit imposer : un type d’énonciateur (dont on précise quelques caractéristiques), un destinataire identifié, un effet à produire (persuader, amuser, informer...).

    On valorisera les productions qui, tout en intégrant l’observance de la forme requise, manifestent des qualités d’inventivité (dans les idées, dans l’expression) et de créativité (par exemple : pittoresque d’un personnage, mouvement d’une scène, expression d’une émotion, vivacité d’une réplique, etc.).

    EVALUATION

    Cf. Grille d’évaluation académique

    Quels qu’ils soient, les sujets d’écriture appellent des candidats des compétences analogues : lecture interprétative des textes du corpus, respect des consignes, mobilisation de connaissances acquises pendant l’année sur les objets d’étude, organisation d’un développement, manifestation d’une culture littéraire, maîtrise de l’expression.

    Sujet 1 : Commentaire

    Compréhension

    Compréhension du texte (sans contresens important), à travers une lecture pertinente de ses principales caractéristiques (cf. registre, énonciation, valeur symbolique, effets de style, etc.).

    5 points

    Interprétation

    Interprétation personnelle qui évite la paraphrase, analyse des faits d’écriture majeurs et se fonde sur des références culturelles précises.

    5 points

    Composition

    Commentaire structuré qui organise avec cohérence un bilan de lecture (que la présentation de ce bilan soit composée ou qu’elle suive le déroulement du texte) confirmant les axes mis en perspective dans l’introduction du devoir (séries générales) ou dans le libellé du sujet (séries technologiques).

    5 points

    Expression

    Correction de la langue et qualité du style.

    5 points (cf. *)

    Sujet 2 : Dissertation

    Réflexion

    Traitement de la problématique posée à travers une réflexion personnelle.

    5 points

    Culture

    Mobilisation pertinente des lectures et de l’objet d’étude de référence.

    5 points

    Composition

    Maîtrise de la technique requise (démarche argumentative) pour la dissertation.

    5 points

    Expression

    Correction de la langue et qualité du style.

    5 points (cf. *)

    NB : Cas du hors sujet => si le candidat est hors sujet, il ne peut être noté que sur 10 points (critères : composition et expression), puisqu’il n’aura pas satisfait aux 2 premiers critères : la réflexion (il n’a pas traité la problématique imposée) et la culture (il n’a pas mobilisé de façon pertinente, par rapport à la problématique, ses connaissances sur l’objet d’étude de référence et ses lectures personnelles).

    Sujet 3 : Ecriture d’invention

    Réflexion

    Compréhension des enjeux (situation de communication, contexte, caractéristiques littéraires, etc.) du cadre d’écriture imposé par le sujet et connaissance de l’objet d’étude de référence (cf. exploitation des textes du corpus).

    5 points

    Créativité

    Capacité à inventer (faire preuve d’imagination, d’originalité, d’une sensibilité et d’une culture personnelles, etc.) dans le cadre précis de contraintes d’écriture.

    5 points

    Composition

    Respect des consignes d’écriture à travers une composition cohérente et pertinente par rapport à la spécificité formelle imposée (genre, registre, visée, etc.).

    5 points

    Expression

    Correction de la langue et qualité du style.

    5 points (cf. *)

    * Indicateurs chiffrés pour le critère Expression :

    Orthographe : à partir de 5 fautes / page, moduler de 0.5 en 0.5 points jusqu’à -2 points.

    Syntaxe : à partir de 5 grosses fautes (différentes) sur le devoir, moduler de 0.5 en 0.5 points jusqu’à -2 points.

    Style : pour les impropriétés lexicales, le niveau de langue, etc ... moduler de 0.5 en 0.5 points jusqu’à -1 point.

    Cas où les sujets sont précédés de questions (cf. BO n° 26 du 28 juin 2001) :

    Pour les séries générales, les questions étant notées au maximum sur 4 points, on notera les 4 critères ci-dessus définis sur 4 points chacun (16 points au total).

    Pour les séries technologiques, les questions étant notées au maximum sur 6 points, on notera les 4 critères ci-dessus définis sur 3, 5 points chacun (14 points au total).

    Au cas où le barème des questions serait inférieur à ces deux fourchettes, c’est la commission de pré-entente, réunissant les coordonnateurs de la correction des EAF, qui arrêtera le barème de notation des critères d’évaluation des 3 sujets.

    EPREUVE ORALE

    DEFINITION

    Cf. BO n°3 du 16 janvier 2003

    Préparation : 30 minutes / Durée : 20 minutes

    Coefficients : 2 en séries L, S, ES, STT (action et communication) / 1 en séries STL, STM, STI, HOT, STT (comptabilité et gestion et informatique et gestion)

    Le candidat présente à l’examinateur un "descriptif des lectures et activités", qui doit mentionner explicitement les textes et œuvres intégrales analysés, les groupements de textes étudiés, les lectures cursives effectuées, ainsi que leurs relations avec les objets d’étude. Il présente toutes les précisions nécessaires pour que l’examinateur soit informé pleinement du travail du candidat.

    Préparation : l’examinateur propose au candidat un extrait choisi parmi les lectures répertoriées dans son "descriptif des lectures et activités" ; il l’accompagne d’une question, portant sur l’ensemble du texte choisi et lui permettant d’organiser et d’orienter son étude.

    Epreuve : 10 minutes pour rendre compte librement de la lecture du texte proposé, en répondant à la question (première partie notée sur 10 points) / 10 minutes pour dialoguer avec l’examinateur, qui conduit l’entretien.

    COMMENTAIRES

    Cf. BO n° 3 du 16 janvier 2003

    Descriptif des lectures et des activités :

    Il se présente sous la forme d’un récapitulatif des séquences d’enseignement (liées à un ou plusieurs objets d’étude du programme) mises en œuvre au cours de l’année. Une demi page par séquence semble suffisante pour un document à caractère synthétique et destiné à une lecture rapide et aisée par l’examinateur.

    Le nombre de textes par séquences : pour un groupement de textes, on attend un minimum de 4 textes ; pour l’œuvre intégrale, un minimum de 3 extraits exploités en classe est souhaitable (étant entendu que l’œuvre est par ailleurs lue dans sa globalité et travaillée selon d’autres modalités que la lecture analytique d’extraits).

    6 œuvres doivent avoir été lues dans l’année : 3 en lecture analytique (œuvre intégrale pour toute la classe) et 3 en lecture cursive (pouvant être différenciées selon les élèves).

    Première partie de l’épreuve : Exposé

    L’extrait choisi par l’examinateur appartient soit à un groupement de textes soit à une œuvre intégrale ayant fait l’objet d’une étude et figurant dans le descriptif du candidat ; en aucun cas il ne peut relever d’une lecture cursive.

    Le candidat procède d’abord à une lecture à haute voix du texte choisi (dans sa totalité ou non, selon les indications de l’examinateur) puis présente, dans un exposé, de façon libre mais organisée, les éléments de réponse à la question posée.

    La question, posée clairement (sans utilisation abusive de termes techniques) et à la tournure interrogative directe, amène le candidat à étudier un aspect essentiel du texte. Elle n’induit donc ni une étude pointilliste ni une analyse exhaustive. Les questions de type purement formaliste (qui n’induiraient qu’un relevé de procédés d’écriture) ou d’ordre uniquement psychologique (excluant donc toute appréhension "littéraire" du texte) sont à éviter. La question peut prendre appui sur le titre (En quoi le titre éclaire-t-il le texte ?) ou la comparaison de deux passages (le début et le fin de la scène, de l’extrait) ; être liée à la composition, au mouvement, aux enjeux, à la réception, au genre, au registre, etc. du texte.

    Deuxième partie de l’épreuve : Entretien

    L’examinateur ne se livre pas à une sorte de "corrigé" de la première partie ; il cherche au contraire à élargir la réflexion du candidat en ouvrant des perspectives : vers l’œuvre intégrale ou le groupement d’où le texte a été extrait, vers l’objet (ou les objets) d’étude en relation avec le texte qui vient d’être étudié, ou vers une des lectures cursives proposées en relation avec le texte qui vient d’être étudié. C’est lui qui a l’initiative du dialogue ouvert, que constitue l’entretien, et dans lequel le candidat doit se sentir encouragé à s’exprimer personnellement.

    L’examinateur cherche, par l’entretien, à évaluer un ensemble de connaissances et de compétences issues des lectures de l’année, et à apprécier l’intérêt du candidat pour les textes étudiés en classe ou abordés en lecture cursive.

    EVALUATION

    Cf. BO n°3 du 16 janvier 2003

    Le temps consacré à chaque candidat étant de 30 minutes, l’examinateur dispose donc, outre les 20 minutes d’interrogation, de 10 minutes pour remplir la fiche d’évaluation et le bordereau.

    L’examinateur doit :

    utiliser toute l’échelle de notes

    valoriser les éléments de réussite plutôt que pénaliser les carences

    valoriser la culture personnelle du candidat.

    Les deux parties de l’épreuve permettent d’évaluer des compétences différentes :

    Première partie : la capacité du candidat à comprendre le texte et la problématique qui lui sont proposés / à construire une réponse argumentée à partir d’éléments pertinents trouvés dans le texte / à exprimer une sensibilité personnelle / à lire un texte.

    Deuxième partie : la capacité du candidat à mobiliser et mettre en relation ses connaissances / à circuler dans un ensemble plus vaste valorisant sa culture personnelle / à manifester son esprit critique / à entrer dans un dialogue.

    Les principaux critères d’évaluation sont liés aux domaines suivants :

    Communication (et conviction)

    Expression (qualité et niveau de la langue)

    Réflexion (analyse prenant en compte la question initiale)

    Connaissances (culturelles, littéraires, linguistiques).

    RECOMMANDATIONS

    L’oral de français est le premier oral d’examen auquel est confronté l’élève : il convient donc de tout faire pour mettre en confiance le candidat. L’oral, qui n’est en rien une forme abâtardie de l’écrit, est une situation d’échange qui se crée à deux : sa qualité procédant donc, pour une part non négligeable, de la qualité de la relation interpersonnelle qui s’instaure le temps de l’épreuve.

    Dans cette situation de communication particulière qui se développe pendant l’épreuve orale, l’examinateur est en droit d’attendre du candidat qu’il respecte les règles d’une élémentaire courtoisie et s’exprime dans un registre approprié, en regardant son interlocuteur. Mais le candidat est aussi en droit d’attendre de l’examinateur qu’il l’accueille avec bienveillance (toute remarque critique sur le descriptif, le choix des textes ou le travail effectué dans l’année est bien évidemment à proscrire impérativement !) et manifeste la qualité d’attention qui lui est due (l’indifférence, même d’apparence, déconcerte d’emblée le candidat !).

    Enfin si l’on veut que le candidat puisse développer les compétences d’adaptabilité, d’écoute et de conviction qu’on attend de lui, il convient de conduire l’interrogation de façon ouverte :

    si l’exposé tourne court, on utilise le temps restant pour relancer la problématique et éventuellement guider le candidat en reformulant la problématique initiale. Toutefois un exposé, en fonction de la question posée, peut être bref et de qualité.

    pendant l’entretien on s’interdit de monopoliser la parole ou au contraire de laisser le candidat mener seul le dialogue : les questions doivent se succéder au rythme mesuré de l’échange verbal , être énoncées clairement, progresser logiquement dans la difficulté tout en s’adaptant au profil du candidat, et toujours viser à faciliter son expression.

    INSPECTION PÉDAGOGIQUE RÉGIONALE de LETTRES

    F. DUPRE

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