Les SES et la filière ES
Les ressources pédagogiques
Des liens utiles
Baccalauréat
Introduction : La démarche des Sciences Economiques et Sociales
La famille : une institution en évolution.
L’emploi : une question de société
La production : un espace de relations économiques et sociales
La consommation : une activité économique, sociale et culturelle
Les revenus de la propriété
Les savoir-faire applicables à des données quantitatives
Taux de fécondité, nombre de naissances à Mayotte
Devoirs communs
Proclamation de la Reine Ramona à ses soldats, 1883 (refuse de céder à l’ultimatum français qui réclame le tiers de l’île, le 1er juin 1883) :
"J’ai fait ce que j’ai pu pour maintenir la paix et prévenir toute nouvelle effusion de sang. Quoique nous ayons déjà à deux reprises payé des indemnités aux Français, j’acceptais encore de le faire, oui, j’acceptais toutes les conditions qui ne comportaient pas la souveraineté sur ce pays et à l’indépendance du Royaume. Mais ils se refusent à négocier à moins que je ne consente à porter le titre de Reine de l’Imérina, à leur abandonner le tiers de l’Ile et à leur payer 200 000 piastres en plus de la réparation des pertes occasionnées aux étrangers pendant la guerre. Vous avez déjà rejeté cette demande et je joins mon refus au vôtre. Moi qui ne suis qu’une femme, je veux me montrer virile pour contribuer avec vous à la défense de notre pays. Espérez en Dieu car sans son aide tout sera vain. Rappelez-vous aussi que noble est la mort de celui qui succombe en combattant pour son pays."
Proclamation du Premier ministre malgache au peuple, Tananarive, 7 juin 1883 (guerre juste contre l’agression française) :
"[...] Je vous déclare que, si mon père et ma mère m’ont mis au monde, c’est pour que je défende ce pays et le rende prospère : aussi suis-je prêt à combattre avec vous et à faire de mon corps le rempart de Madagascar. Si la guerre était injuste, nous pourrions avoir des appréhensions, mais elle est juste et nous n’avons rien à craindre. Il est du reste glorieux de mourir en défendant son pays, car tout le monde doit mourir et quand c’est pour la patrie qu’on meurt, on accomplit la destinée que Dieu a fixée. [...] Je vous déclare que je suis sans crainte en défendant notre île. Nous combattons ensemble et vous n’avez pas à avoir peur, à être effrayés de l’hostilité de nos ennemis, ni de la grande quantité de leurs canons et de leurs fusils, car Dieu ne nous abandonnera pas et c’est lui qui décidera. Certes, nous avons à lutter contre une grande nation, mais hésiterions-nous à cause de cela à combattre pour notre défense et pour la justice ?"
(in Raymond W. Rabemananjara, Madagascar, Histoire de la Nation malgache, Paris, 1952)
L’accord Salisbury-Waddington du 5 août 1890 redéfinit les zones d’influences coloniales entre la France et l’Angleterre : la France se désengage du Nigéria et abandonne ses droits sur Zanzibar, l’Angleterre reconnaît le protectorat français sur Madagascar, malgré l’avis de ses agents diplomatiques sur place.
Lettre de Pickersgill (vice-consul anglais à Madagascar) à Lord Salisbury (ministre anglais des Affaires étrangères), 20 septembre 1890 (la reine malgache proteste contre l’accord franco-anglais du 5 août 1890) :
"La Reine de Madagascar et son gouvernement ont appris avec une douleur profonde la nouvelle d’un arrangement franco-anglais relatif à leur pays. Ils sont désolés au delà de toute expression d’apprendre que l’Angleterre après une période ininterrompue de relations confiantes et amicales s’étendant sur plus d’un quart de siècle, les jette aux mains de leurs ennemis. Ils ne savent pas pourquoi on les traite ainsi, car ils ont constamment fait effort pour ouvrir aux entreprises britanniques l’exploitation des ressources de leur pays, et ils plaident pour être traités avec cette sympathie à laquelle une nation faible, luttant pour maintenir son indépendance, est en droit de prétendre de la part des forts."
(in Raymond W. Rabemananjara, Madagascar, Histoire de la Nation malgache, Paris, 1952)