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    VERS UN PLAN ACADEMIQUE D’ACTION

     

    L’objectif prioritaire est non seulement d’impulser une gestion quantitative du système éducatif (la pression démographique nous y contraint), mais surtout de promouvoir une gestion qualitative des différentes composantes pédagogiques.

    Il faut diversifier à l’école, au collège et au lycée, les voies de la réussite, valoriser la voie technologique et professionnelle, adapter notre dispositif scolaire aux réalités locales tout en maintenant un haut niveau d’exigence et une grande ambition pour nos élèves, leur avenir et celui de Mayotte.

    Cependant, exigence ne doit pas signifier rigidité. Il s’agit à la fois de respecter, et de valoriser, la langue maternelle et la culture spécifique des élèves mahorais, tout en les amenant à s’approprier le plus rapidement et le plus complètement possible la langue et la culture de l’école de la république.

    Afin d’expliciter nos intentions concernant le service public d’éducation à Mayotte : nous partirons d’un constat, nous poursuivrons par l’énumération de propositions précises d’évolution de notre dispositif, nous terminerons par la revue des moyens à mettre en œuvre pour réussir dans notre entreprise.

    I - LE CONSTAT :

    La difficulté majeure que rencontrent les enseignants est la non-maîtrise (ou la maîtrise mal assurée) du français. Malgré les progrès très importants réalisés au niveau de l’enseignement primaire, une proportion non négligeable d’enfants accueillis en classe de 6me (au moins 40 % d’une classe d’âge) ne peuvent suivre avec profit, l’enseignement qui leur est dispensé par des professeurs compétents, attentifs et dévoués. Le résultat est lourd de conséquences. Toutes les disciplines souffrent de ce niveau de langue insuffisant. La spirale de l’échec scolaire est de ce fait engagée, redoublements, triplements ou abandons en cours de scolarité au collège. Les premiers résultats de l’évaluation de 6me et de 5me confirment cette réalité. Nos élèves enregistrent globalement des scores de réussite inférieurs de 30 voire 40 % à ceux de leurs camarades de métropole.

    Une étude menée l’an passé (2001-2002) sur une cohorte de 2 112 élèves entrés en 6me en 1994, laisse apparaître que 23,67 % d’entre-deux ont obtenu un baccalauréat général ou technologique en juin 2001. Si l’on prend en compte les autres diplômes obtenus (CAP- BEP- BAC Pro), c’est environ 47% des élèves de cette cohorte qui sont sortis diplômés de la formation initiale. Les autres, la majorité, double, triple ou essaie grâce à l’intervention active du S.I.O. de trouver des solutions auprès de la mission locale d’insertion "jeunes" et plus tard, auprès des services de la D.T.E.F.P.

    Pourtant, tous les enfants de CM2 n’entrent pas en 6me. Sur 100 élèves, 57 % rejoignent le collège, 30 % redoublent leur CM2 et 10 à 12 % s’inscrivent en P.P.F. (classes pré-professionnelles de formation).

    Cet échec à l’école s’inscrit très tôt dans la scolarité. Aux évaluations à l’entrée de CP mises en place cette année, un enfant sur deux au plus "prend la parole dans sa langue maternelle". Pour les évaluations nationales en début de CE 2, généralisées à l’ensemble des écoles élémentaires, les pourcentages moyens de « réussite » sont respectivement de 25 % et de 37,6 % en français et en mathématiques (pour plus de 60 % en métropole). S’il est nécessaire de réduire rapidement l’important déficit en salles de classe maternelles et élémentaires, il faut également mettre l’accent sur la formation continue des maîtres, afin de favoriser notamment l’apprentissage de la lecture.

    Les difficultés liées aux conditions de vie matérielles (malgré les bourses et les aides de toutes sortes) sont également à relever.

    Enfin, il faut souligner le fait qu’il y a inadéquation entre les parcours (classiques) proposés aux collégiens et aux lycéens, et ce qu’une grande partie d’entre eux est effectivement en mesure de suivre.

    Les nombreuses demandes d’orientation vers des qualifications de niveau V (CAP et BEP) ne peuvent être satisfaites, du fait du trop petit nombre de places offertes par les lycées professionnels (plus de 1 200 demandes pour 435 places de CAP - BEP). Trop souvent, les conseils de classe n’ont d’autre option que de proposer un passage en classe de 2nde générale et technologique (2nde G.T.).

    De ce fait, les échecs sont nombreux à ce niveau d’enseignement (plus de 17 % des élèves redoublent leur 2nde et 30 % la classe de terminale). Conscients des difficultés qu’ils rencontrent, les élèves s’orientent massivement en fin de seconde (à plus de 40 %), vers la filière S.T.T..

    Les résultats de juin 2002 au baccalauréat (48 % de réussite) même s’ils peuvent surprendre,s’expliquent en partie par ce qui vient d’être énoncé.

    Il faut réagir rapidement et proposer des solutions adaptées à la réalité locale.


    II - LES PROPOSITIONS

    Il faut agir à tous les niveaux. Là est la difficulté, là est le défi à relever, tous ensemble.

    A - L’Ecole

    -  Amélioration des résultats scolaires
    Compte tenu des résultats des évaluations, il faut mettre l’accent sur l’apprentissage de la lecture en cycle II. D’ores et déjà, tous les maîtres d’application devront se positionner à ces niveaux (GS, CP et CE 1) ou en CM 2. De plus, l’affectation des maîtres les plus compétents ou expérimentés au cycle II sera privilégiée.
    -  Professionnalisation des formations initiale et continue
    L’instauration d’un statut de l’I.F.M. et le passage au nouveau corps des Instituteurs de Mayotte devront s’accompagner d’améliorations sensibles du volume et des exigences des formations initiale et continue. Il conviendra de mettre l’accent sur la maîtrise des langages en cycle I, l’apprentissage de la lecture en cycle II et, en relation avec la mise en place des nouvelles instructions officielles, de parfaire les connaissances didactiques des maîtres dans toutes les disciplines.
    -  Extension et normalisation de l’A.I.S. (adaptation et intégration scolaire)
    Les deux dernières années ont permis d’organiser et de structurer la prise en charge des élèves handicapés ou en difficulté scolaire : création d’une Commission de l’Education Spécialisée (modèle C.D.E.S. métropolitaine) chargée d’instruire les dossiers individuels et d’orienter les élèves dans les structures existantes, mise en place d’une formation dite C.A.A.I.S. (modèle C.A.P.S.A.I.S.) pour former des enseignants de la Collectivité, installation de classes spécialisées et de Réseaux d’aides.
    Les créations de postes et de structures seront poursuivies et étendues au Second Degré. Mais il conviendrait désormais que tous les services (la D.A.S.S. en particulier) puissent relayer ces actions sur le terrain et apporter leur soutien.

    -  Résorption du déficit en locaux scolaires
    L’accroissement annuel de la population scolaire élémentaire suppose actuellement la création de plus de 40 salles de classe. Or, il en manque déjà 136, ce qui contraint 272 divisions à travailler en "rotation" (alternance hebdomadaire entre matin et après-midi de deux divisions dans la même salle de classe). Ces constructions scolaires, la rénovation des classes existantes, sont prévues dans la Convention de Développement sur les trois années à venir En maternelle, plus de 70 salles de classe font défaut pour généraliser l’accueil de tous les enfants de quatre ans et plus. Il en faudrait au moins une centaine de plus pour que l’accueil soit assuré à partir de trois ans.

    B - Le Collège

    C’est le maillon le plus sensible de la chaîne. Les élèves entrent "enfants" en 6me (pas tous car les retards sont nombreux en terme d’années), et en sortent "adolescents", voire adultes, en fin de 3me.

    Il faut remotiver les élèves, leur donner concrètement les moyens de rattraper leur retard et de combler leurs lacunes. Pour eux et pour les autres, il est nécessaire de diversifier les voies de réussite.
    -  Le dispositif de consolidation et de remédiation en 6me et 5me se donne cet objectif et cette ambition.
    L’objectif recherché est de remettre en classe de collège le maximum d’élèves, dès lors qu’ils auront surmonté les difficultés les plus invalidantes. De nombreux dédoublements doivent permettrent au professeur de mieux individualiser ses pratiques pédagogiques afin de remédier aux manques et de consolider les acquis encore fragiles. En fin de 6me de consolidation remédiation (C.R.) un élève se verra offrir 3 options :

    • passer en 5me classique,
    • redoubler une 6me classique,
    • passer en 5me CR, afin de poursuivre l’effort de rattrapage entrepris.

    -  Développement de l'enseignement de la technologie
    Cet enseignement est essentiel de plusieurs points de vue :

    • Il permet l’accès à la modernité aux nombreux élèves qui vivent encore dans un univers très sommaire. L’enseignement de la technologie facilite grandement le rapprochement des univers mahorais et métropolitains.
    • Il permet aux élèves de connaître, de comprendre et d’apprécier le monde de l’entreprise. Par-là même, un travail sur l’orientation est engagé, qui leur montre qu’il existe d’autres voies possibles de réussite que les filières générales L, S ou ES.
    • Il prépare enfin les élèves concernés ou intéressés à entrer en formation de niveau V de façon efficace et éclairée. Il incitera également les élèves orientés en 2nde G.T. à choisir des enseignements de spécialité tels que l’I.S.I. [1] , l’I.S.P. [2] ou les M.P.I. [3]

    -  Ouverture de classe de 4me et de 3me à option technologie.
    De nombreux élèves ne se destinent pas forcément à un enseignement abstrait de 2nd cycle. Beaucoup, face à l’échec scolaire, se démotivent et se démobilisent (absentéisme très fort dans certains établissements). La 4me et la 3me LV 2 ne correspondent pas à leurs attentes ou à leur niveau. Leur proposer une 4me et une 3me à option technologie serait à la fois le moyen d’ouvrir des perspectives d’études de niveau V aux plus faibles, mais également de montrer tout l’intérêt de la filière S.T.I. (S.T.I. : Sciences et Techniques Industrielles) à ceux qui, bons élèves par ailleurs, n’auraient pas eu l’idée de choisir (par manque d’information) les enseignements de détermination de 2nde pouvant les mener vers une filière porteuse, en termes d’études, d’emplois, de rémunération et donc d’insertion professionnelle et sociale réussie.

    -  Ouverture au sein des collèges d'un dispositif d'accueil des élèves n'ayant pas pu rejoindre, après la 5me CR le cycle de collège classique (4me et 3me LV2 ou 4me 3me à option technologie) ou venant des P.P.F.
    Le dispositif de consolidation et de remédiation ne permettra pas de rattraper tous les élèves en difficulté. C’est l’évidence même. Remettre ces élèves en cycle classique de Collège ne servirait à rien, sinon à les démobiliser. Il faut, pour eux, imaginer d’autres solutions.

    • Les P.P.F.
      Environ 260 (180 en L.P. et 80 en collège) élèves sur 800 devraient pouvoir obtenir une qualification de niveau V de type CAP. Deux voies sont à explorer :
      • une scolarisation en Lycée Professionnel en 5me pré-technologique puis en 4me technologique, puis en 3me P.V.P. (préparatoire à la voie professionnelle). S’en suivra un CAP en 2 ans.
      • une scolarisation en collège, en classe préparatoire à la voie professionnelle, suivie de la préparation d’un CAP modulable en 3 ans.
    • Les élèves issus de 5me CR
      Ces élèves devraient pouvoir se voir offrir progressivement les mêmes opportunités que leurs camarades scolarisés en P.P.F. L’ensemble de ce dispositif se mettra en place progressivement, à compter de la rentrée de septembre 2003.

    Ils pourraient aussi se voir offrir la possibilité de poursuivre leur parcours scolaire en 4me AS (4me d’aide et de soutien) puis en 3me I (3me d’insertion). Ce dispositif compléterait celui qui est installé dans les Lycées professionnels. Il aurait pour objectif essentiel d’aider les élèves à se forger un projet professionnel et personnel, qui pourrait déboucher, le cas échéant, sur un retour en structure collège (4me et 3me option technologie notamment), ou bien, le plus souvent, sur une affectation en L.P., afin d’y suivre une formation qualifiante de niveau V (un CAP en règle générale). Il s’agit donc d’éviter autant que faire se peut, les interruptions de cursus scolaire, ainsi que les sorties sans diplôme et sans qualification, du système éducatif.

    -  Adaptation des programmes

    L’efficience plus grande qui est recherchée passe très certainement par le biais de l’adaptation des programmes. Certains s’y prêtent naturellement (l’histoire, la géographie, les S.V.T.) d’autres moins.

    Les conseillers pédagogiques récemment désignés prendront en charge ce dossier sous l’autorité des I.A./I.P.R. par discipline, avec le concours des professeurs concernés.

    -  Extension de l'A.I.S. au collège

    La mise en place de CLIS (Classe d’Intégration Scolaire) dans le premier degré, pose la question de l’avenir scolaire de la quarantaine d’élèves qui y sont scolarisés.

    A partir de la rentrée de septembre 2004, la création d’U.P.I. (Unité Pédagogique d’Intégration), en collège, permettra d’assurer la poursuite de la scolarisation de ces élèves.

    C - Les Lycées Polyvalents

    Le concept de lycée polyvalent est nouveau à MAYOTTE. Il désigne un établissement de second cycle réunissant en un même lieu les filières générales, technologiques et professionnelles. Il permet, en outre, de marquer symboliquement l’égale dignité des 3 filières. Enfin, la présence en un même lieu de celles-ci, permettra plus aisément d’offrir et de modifier le cursus des élèves.

    Au niveau du second cycle, il nous faut aussi diversifier les voies de réussite. Nous entendons le faire de la façon suivante :
    -  Ouverture d'options de seconde à vocation industrielle
    Trois nouveaux enseignements de détermination pourraient être offerts en classe de seconde :

    • I.S.I. initiation aux sciences de l’ingénieur,
    • I.S.P. Informatique et systèmes de production,
    • M.P.I. Mesures physiques et informatique,

    afin de multiplier les voies d’orientation possible en première et terminale, soit à La Réunion, soit en métropole. La filière S.T.I. doit être valorisée auprès des élèves et des familles pour ce qu’elle offre en termes de formation, de débouchés et d’utilité économique et sociale.

    -  Ouverture envisagée d'une classe de première d'adaptation S.T.T.

    L’une des manières d’encourager les élèves à s’orienter vers les B.E.P. tertiaires, serait de permettre aux meilleurs, de rejoindre la filière S.T.T., via une classe d’adaptation.

    -  Diversification et augmentation de l'offre en CAP, BEP et BAC pro..

    • Pour les élèves de 3me des collèges l’offre de formation de niveau V (CAP et BEP 2 ans) sera accrue.
    • Des S.E.P. (sections d’enseignement professionnel) seront implantées au lycée de Mamoudzou et de SADA, ainsi que dans le nouveau lycée du Nord (qui ouvrira, à la prochaine rentrée scolaire, dans les locaux du collège de M’Tsangadoua). La création de B.E.P. tertiaires permettra une affectation plus rationnelle et plus positive d’élèves orientés jusqu’alors en 1re S.T.T., essentiellement par défaut.
    • Création d’un Baccalauréat professionnel en un an qui permettra aux élèves ayant échoué au baccalauréat technologique pour la 2me ou 3me fois, de sortir du lycée avec un diplôme, voire une formation qualifiante.
    • Création d’une première année de baccalauréat professionnel au profit des élèves de première qu’il faut réorienter positivement et pour lesquels un passage en terminale ne serait pas profitable (échecs prévisibles au baccalauréat).
    • Restructuration des lycées professionnels actuels en pôles de formation. Dans la logique du lycée des métiers, il sera progressivement procédé à des restructurations qui permettront l’implantation de filières professionnelles complètes (CAP - BEP- BAC pro). Ainsi le travail du bois sera la spécialité de CHIRONGUI ; la restauration, l’hôtellerie et les soins à la personne celle du L.P. de KAWENI, le B.T.P. celle de celui de DZOUMOGNE et les filières S.T.I. (mécanique, électricité) celles du L.P. de KAHANI.
    • Bien entendu, les modifications profondes apportées à la carte des formations actuelles seront mises en œuvre progressivement, sur 3 ou 4 ans.

    III- LES MOYENS

    La mise en œuvre des propositions consignées dans cette note demandera du temps et des moyens nouveaux, en personnels enseignant notamment. Il faudra poursuivre la construction d’établissements scolaires (écoles, collèges, lycées), aménager des espaces spécifiques au sein des établissements anciens et les équiper du matériel pédagogique adéquat.

    -  Les moyens matériels et humains

    Cet aspect de la problématique a déjà été abordé. Nous utiliserons systématiquement les espaces disponibles dans les collèges et les lycées, afin de pouvoir très rapidement accroître l’offre en formations de niveau V.

    • Dès la rentrée 2003, le nombre de places disponibles pour les élèves de 3me (CAP 2 ans et BEP) passera de 400 à 700. Par ailleurs, un rééquilibrage sera effectué entre les filières tertiaires et industrielles.
    • L’enseignement de la technologie en collège, tel qu’il doit se pratiquer (travail sur ordinateur certes, mais également fabrication) va entraîner des demandes en termes de multiplication des espaces dédiés à cette discipline, à leur aménagement, à leur équipement et enfin à l’affectation de professeurs supplémentaires.

    Avant d’engager le développement de cet enseignement, il conviendra de conduire d’une part une analyse des conditions et des moyens existants, dans chaque établissement (ceci afin de tendre vers une harmonisation), et d’intégrer dans les projets les conclusions du rapport de M. le Recteur JOUTARD sur la rénovation de la technologie, laquelle reste abstraite et peu attractive. (extrait de la "lettre flash du 15/11/02 "valoriser la voie professionnelle" - les 7 mesures engagées par le ministère).

    • La création des 4me et de 3me à option technologique va contribuer également à accroître les demandes émanant de cette discipline (espaces, matériel pédagogique, professeurs).
    • En lycée, la création de nouveaux B.E.P. et surtout de nouveaux baccalauréats professionnels va entraîner un surcroît de dépenses. Il en est de même pour les options I.S.I., I.S.P. et M.P.I.
    • En collège, l’extension du dispositif de consolidation et de remédiation, la mise en place de 4me AS et de 3me I impliqueront un surcoût en termes de moyens d’enseignement (nomination d’enseignants)

    -  Les moyens en formation et en communication.

    Aussi importants que les moyens matériels sont les moyens humains. En effet, rien ne se fera sans l’engagement des personnels de l’Education nationale, de tous les personnels et non pas seulement de quelques-uns. L’action se fonde sur une analyse partagée de la situation et des outils à mettre en œuvre en vue d’aboutir à tels et tels résultats.

    Pour mobiliser au mieux les énergies, nous proposons le fonctionnement suivant :

    1. La mise en place d’un projet d’établissement authentique dans chaque école, collège et lycée. Le cadre de la politique académique ici décrit, doit se décliner au niveau local, de façon à en épouser complètement les particularités. Chaque établissement, chaque équipe de direction, chaque équipe pédagogique, aura sa part de responsabilité dans la mise en œuvre des mesures proposées et donc dans le succès ou l’échec qu’elles rencontreront.
    2. L’instauration d’une vie pédagogique active au sein de l’académie. La désignation de Conseillers pédagogiques, dans le second degré, dans chacune des disciplines enseignées (ou presque) est le point de départ d’une action pédagogique coordonnée.

    L’adaptation des programmes, la mise en place du dispositif de consolidation et de remédiation, l’étude des évaluations de 6me et de 5me vont imposer des rencontres de réflexion et d’échanges dans le cadre disciplinaire et interdisciplinaire. Toutes les compétences seront les bien venues pour aider les groupes de travail à définir ce qui doit être enseigné en 6me de consolidation, selon quelles méthodes pédagogiques, pour quels résultats attendus.

    La formation continue doit également se généraliser, pour tous les enseignants, à tout niveau d’enseignement. Notre académie recèle des trésors de compétences disséminées parmi les enseignants et les autres personnels. Sachons repérer ces compétences et les exploiter pour le bien de tous ! La nomination, en qualité de personnes ressources pédagogiques, de huit enseignants, maîtres formateurs du primaire dans les collèges, à raison d’un maître formateur pour deux collèges, devrait permettre d’engager une réflexion pédagogique de qualité sur les démarches pédagogiques, et la didactique à mettre en œuvre dans les classes de 6me et de 5me, relevant du dispositif de consolidation et de remédiation.

    1. L’Amplification de notre politique d’orientation
      • Le S.I.O. a une lourde tâche à accomplir. La création, à la prochaine rentrée scolaire du CIO de Mayotte, va officialiser un travail de qualité entrepris depuis de nombreuses années. Par ailleurs, iI faut que tous les partenaires prennent la part qui leur revient dans la diffusion de l’information en direction des élèves et notamment les professeurs principaux auxquels sera demandée une participation accrue dans cette mission d’information.
      • La valorisation systématique des formations professionnelles et technologiques doit être envisagée de façon à rééquilibrer les flux d’élèves et à stopper progressivement des orientations dont tout le monde sait qu’elles débouchent trop souvent sur un échec traumatisant pour les élèves et leur famille.
      • L’information des familles doit être renforcée. C’est l’une des conditions du succès que nous espérons obtenir dans la multiplication des orientations vers les formations professionnelles.
      • Une liaison forte entre les écoles et les collèges.
        Il est nécessaire de développer les liens qui existent déjà entre les écoles et les collèges. Les maîtres de CM2 et même de CM1 doivent pouvoir venir observer des classes de 6me et de 5me, rencontrer les professeurs et se faire expliquer ce qu’ils attendent d’eux en termes de savoirs et savoir-faire. Sachant ce qui attend les enfants de CM2, et l’ayant constaté par eux-mêmes, les instituteurs devraient être davantage conscients des enjeux. De façon réciproque, les professeurs comprendraient mieux les conditions d’apprentissage prévalant en CM2 s’ils étaient davantage familiarisés avec ces classes.
    2. La réflexion sur les rythmes scolaires
      La journée de l’enfant mahorais est très lourde et commence bien avant son entrée dans la salle de classe de l’école. La révision de son emploi du temps quotidien se heurte à de nombreux obstacles : les horaires de travail des parents, sinon ceux des enfants l’après-midi, l’enseignement religieux, les transports scolaires, l’absence de restauration scolaire, la nécessité de mettre en place des garderies (municipales ou d’associations de parents), la rotation de nombreuses classes dans l’enseignement élémentaire. Une réflexion sur les rythmes scolaires doit être engagée, au plus tôt, en concertation avec tous les partenaires de l’école : collectivité territoriale, mairie, parents, autorités religieuses, société civile.

    CONCLUSION

    Comme chacun peut le constater, le chantier à entreprendre est important.

    L’implication de chacun est requise afin que, progressivement et sans heurts excessifs, nous puissions modeler un dispositif, plus harmonieux que ne l’est celui d’aujourd’hui, car mieux adapté aux attentes des élèves et des familles.

    Cette proposition de politique académique s’inscrit sur le moyen terme (4 ou 5 ans).

    Je sais pouvoir compter sur l’appui actif de tous.

    Post-scriptum

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    VERS UN PLAN ACADEMIQUE D’ACTION
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    > VERS UN PLAN ACADEMIQUE D’ACTION, Par : Jean-Jacques LE QUEMENER, 5 janvier 2004

    Enseignant de physique -chimie, converti à la physique appliquée depuis 15 ans, je viens de passer 14 ans dans un lycée technique dont j’ai fais l’ouverture et l’amènagement (car il était vide quand je suis arrivé). J’ai pu constater par la pratique, que un enseignement de qualité dans le technique offrait souvent d’excelentes chances de ressocialisation, de récupération de méthodes de travail, d’interessement d’élèves en difficultés scolaires.

    En tant que formateur d’enseignants (dans la DAFPEN) aux RISQUES MAJEURS au sein de la cellule de la DRAC du Rectorat de Versailles, j’ai beaucoup travaillé aux lancements de projets scolaires aussi bien avec des équipes d’adultes (Plan particuliers de mise en sureté ou plan SESAM) que d’élèves (au sein de clubs) pour constater que la dynamique se crée a la fois à partir d’une confiance partagée, d’objectifs définis communautairement, éléments que les projets d’établissements (bien conçus) permettent de d’initier.

    La cohérence, la participation et la diversité des objectifs font que cette engagement général de la communauté éducative la rendent particulièrement opérationnelle pour ce type d’objectifs.

    Voir en ligne :
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    Notes de bas de page

    [1] I.S.I. : Initiation aux sciences de l’ingénieur

    [2] I.S.P. : Informatique et systèmes de production

    [3] M.P.I. : Mesures physiques et informatiques

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