Les SES et la filière ES
Les ressources pédagogiques
Des liens utiles
Baccalauréat
Introduction : La démarche des Sciences Economiques et Sociales
La famille : une institution en évolution.
L’emploi : une question de société
La production : un espace de relations économiques et sociales
La consommation : une activité économique, sociale et culturelle
Les revenus de la propriété
Les savoir-faire applicables à des données quantitatives
Taux de fécondité, nombre de naissances à Mayotte
Devoirs communs
L’objectif prioritaire est non seulement d’impulser une gestion quantitative du système éducatif (la pression démographique nous y contraint), mais surtout de promouvoir une gestion qualitative des différentes composantes pédagogiques.
Il faut diversifier à l’école, au collège et au lycée, les voies de la réussite, valoriser la voie technologique et professionnelle, adapter notre dispositif scolaire aux réalités locales tout en maintenant un haut niveau d’exigence et une grande ambition pour nos élèves, leur avenir et celui de Mayotte.
Cependant, exigence ne doit pas signifier rigidité. Il s’agit à la fois de respecter, et de valoriser, la langue maternelle et la culture spécifique des élèves mahorais, tout en les amenant à s’approprier le plus rapidement et le plus complètement possible la langue et la culture de l’école de la république.
Afin d’expliciter nos intentions concernant le service public d’éducation à Mayotte : nous partirons d’un constat, nous poursuivrons par l’énumération de propositions précises d’évolution de notre dispositif, nous terminerons par la revue des moyens à mettre en œuvre pour réussir dans notre entreprise.
La difficulté majeure que rencontrent les enseignants est la non-maîtrise (ou la maîtrise mal assurée) du français. Malgré les progrès très importants réalisés au niveau de l’enseignement primaire, une proportion non négligeable d’enfants accueillis en classe de 6me (au moins 40 % d’une classe d’âge) ne peuvent suivre avec profit, l’enseignement qui leur est dispensé par des professeurs compétents, attentifs et dévoués. Le résultat est lourd de conséquences. Toutes les disciplines souffrent de ce niveau de langue insuffisant. La spirale de l’échec scolaire est de ce fait engagée, redoublements, triplements ou abandons en cours de scolarité au collège. Les premiers résultats de l’évaluation de 6me et de 5me confirment cette réalité. Nos élèves enregistrent globalement des scores de réussite inférieurs de 30 voire 40 % à ceux de leurs camarades de métropole.
Une étude menée l’an passé (2001-2002) sur une cohorte de 2 112 élèves entrés en 6me en 1994, laisse apparaître que 23,67 % d’entre-deux ont obtenu un baccalauréat général ou technologique en juin 2001. Si l’on prend en compte les autres diplômes obtenus (CAP- BEP- BAC Pro), c’est environ 47% des élèves de cette cohorte qui sont sortis diplômés de la formation initiale. Les autres, la majorité, double, triple ou essaie grâce à l’intervention active du S.I.O. de trouver des solutions auprès de la mission locale d’insertion "jeunes" et plus tard, auprès des services de la D.T.E.F.P.
Pourtant, tous les enfants de CM2 n’entrent pas en 6me. Sur 100 élèves, 57 % rejoignent le collège, 30 % redoublent leur CM2 et 10 à 12 % s’inscrivent en P.P.F. (classes pré-professionnelles de formation).
Cet échec à l’école s’inscrit très tôt dans la scolarité. Aux évaluations à l’entrée de CP mises en place cette année, un enfant sur deux au plus "prend la parole dans sa langue maternelle". Pour les évaluations nationales en début de CE 2, généralisées à l’ensemble des écoles élémentaires, les pourcentages moyens de « réussite » sont respectivement de 25 % et de 37,6 % en français et en mathématiques (pour plus de 60 % en métropole). S’il est nécessaire de réduire rapidement l’important déficit en salles de classe maternelles et élémentaires, il faut également mettre l’accent sur la formation continue des maîtres, afin de favoriser notamment l’apprentissage de la lecture.
Les difficultés liées aux conditions de vie matérielles (malgré les bourses et les aides de toutes sortes) sont également à relever.
Enfin, il faut souligner le fait qu’il y a inadéquation entre les parcours (classiques) proposés aux collégiens et aux lycéens, et ce qu’une grande partie d’entre eux est effectivement en mesure de suivre.
Les nombreuses demandes d’orientation vers des qualifications de niveau V (CAP et BEP) ne peuvent être satisfaites, du fait du trop petit nombre de places offertes par les lycées professionnels (plus de 1 200 demandes pour 435 places de CAP - BEP). Trop souvent, les conseils de classe n’ont d’autre option que de proposer un passage en classe de 2nde générale et technologique (2nde G.T.).
De ce fait, les échecs sont nombreux à ce niveau d’enseignement (plus de 17 % des élèves redoublent leur 2nde et 30 % la classe de terminale). Conscients des difficultés qu’ils rencontrent, les élèves s’orientent massivement en fin de seconde (à plus de 40 %), vers la filière S.T.T..
Les résultats de juin 2002 au baccalauréat (48 % de réussite) même s’ils peuvent surprendre,s’expliquent en partie par ce qui vient d’être énoncé.
Il faut réagir rapidement et proposer des solutions adaptées à la réalité locale.
Il faut agir à tous les niveaux. Là est la difficulté, là est le défi à relever, tous ensemble.
A - L’Ecole
Amélioration des résultats scolaires
Compte tenu des résultats des évaluations, il faut mettre l’accent sur l’apprentissage de la lecture en cycle II. D’ores et déjà, tous les maîtres d’application devront se positionner à ces niveaux (GS, CP et CE 1) ou en CM 2. De plus, l’affectation des maîtres les plus compétents ou expérimentés au cycle II sera privilégiée.
Professionnalisation des formations initiale et continue
L’instauration d’un statut de l’I.F.M. et le passage au nouveau corps des Instituteurs de Mayotte devront s’accompagner d’améliorations sensibles du volume et des exigences des formations initiale et continue. Il conviendra de mettre l’accent sur la maîtrise des langages en cycle I, l’apprentissage de la lecture en cycle II et, en relation avec la mise en place des nouvelles instructions officielles, de parfaire les connaissances didactiques des maîtres dans toutes les disciplines.
Extension et normalisation de l’A.I.S. (adaptation et intégration scolaire)
Les deux dernières années ont permis d’organiser et de structurer la prise en charge des élèves handicapés ou en difficulté scolaire : création d’une Commission de l’Education Spécialisée (modèle C.D.E.S. métropolitaine) chargée d’instruire les dossiers individuels et d’orienter les élèves dans les structures existantes, mise en place d’une formation dite C.A.A.I.S. (modèle C.A.P.S.A.I.S.) pour former des enseignants de la Collectivité, installation de classes spécialisées et de Réseaux d’aides.
Les créations de postes et de structures seront poursuivies et étendues au Second Degré. Mais il conviendrait désormais que tous les services (la D.A.S.S. en particulier) puissent relayer ces actions sur le terrain et apporter leur soutien.
Résorption du déficit en locaux scolaires
L’accroissement annuel de la population scolaire élémentaire suppose actuellement la création de plus de 40 salles de classe. Or, il en manque déjà 136, ce qui contraint 272 divisions à travailler en "rotation" (alternance hebdomadaire entre matin et après-midi de deux divisions dans la même salle de classe). Ces constructions scolaires, la rénovation des classes existantes, sont prévues dans la Convention de Développement sur les trois années à venir En maternelle, plus de 70 salles de classe font défaut pour généraliser l’accueil de tous les enfants de quatre ans et plus. Il en faudrait au moins une centaine de plus pour que l’accueil soit assuré à partir de trois ans.
B - Le Collège
C’est le maillon le plus sensible de la chaîne. Les élèves entrent "enfants" en 6me (pas tous car les retards sont nombreux en terme d’années), et en sortent "adolescents", voire adultes, en fin de 3me.
Il faut remotiver les élèves, leur donner concrètement les moyens de rattraper leur retard et de combler leurs lacunes. Pour eux et pour les autres, il est nécessaire de diversifier les voies de réussite.
Le dispositif de consolidation et de remédiation en 6me et 5me se donne cet objectif et cette ambition.
L’objectif recherché est de remettre en classe de collège le maximum d’élèves, dès lors qu’ils auront surmonté les difficultés les plus invalidantes. De nombreux dédoublements doivent permettrent au professeur de mieux individualiser ses pratiques pédagogiques afin de remédier aux manques et de consolider les acquis encore fragiles. En fin de 6me de consolidation remédiation (C.R.) un élève se verra offrir 3 options :
Développement de l'enseignement de la technologie
Cet enseignement est essentiel de plusieurs points de vue :
Ouverture de classe de 4me et de 3me à option technologie.
De nombreux élèves ne se destinent pas forcément à un enseignement abstrait de 2nd cycle. Beaucoup, face à l’échec scolaire, se démotivent et se démobilisent (absentéisme très fort dans certains établissements). La 4me et la 3me LV 2 ne correspondent pas à leurs attentes ou à leur niveau. Leur proposer une 4me et une 3me à option technologie serait à la fois le moyen d’ouvrir des perspectives d’études de niveau V aux plus faibles, mais également de montrer tout l’intérêt de la filière S.T.I. (S.T.I. : Sciences et Techniques Industrielles) à ceux qui, bons élèves par ailleurs, n’auraient pas eu l’idée de choisir (par manque d’information) les enseignements de détermination de 2nde pouvant les mener vers une filière porteuse, en termes d’études, d’emplois, de rémunération et donc d’insertion professionnelle et sociale réussie.
Ouverture au sein des collèges d'un dispositif d'accueil des élèves n'ayant pas pu rejoindre, après la 5me CR le cycle de collège classique (4me et 3me LV2 ou 4me 3me à option technologie) ou venant des P.P.F.
Le dispositif de consolidation et de remédiation ne permettra pas de rattraper tous les élèves en difficulté. C’est l’évidence même. Remettre ces élèves en cycle classique de Collège ne servirait à rien, sinon à les démobiliser. Il faut, pour eux, imaginer d’autres solutions.
Ils pourraient aussi se voir offrir la possibilité de poursuivre leur parcours scolaire en 4me AS (4me d’aide et de soutien) puis en 3me I (3me d’insertion). Ce dispositif compléterait celui qui est installé dans les Lycées professionnels. Il aurait pour objectif essentiel d’aider les élèves à se forger un projet professionnel et personnel, qui pourrait déboucher, le cas échéant, sur un retour en structure collège (4me et 3me option technologie notamment), ou bien, le plus souvent, sur une affectation en L.P., afin d’y suivre une formation qualifiante de niveau V (un CAP en règle générale). Il s’agit donc d’éviter autant que faire se peut, les interruptions de cursus scolaire, ainsi que les sorties sans diplôme et sans qualification, du système éducatif.
Adaptation des programmes
L’efficience plus grande qui est recherchée passe très certainement par le biais de l’adaptation des programmes. Certains s’y prêtent naturellement (l’histoire, la géographie, les S.V.T.) d’autres moins.
Les conseillers pédagogiques récemment désignés prendront en charge ce dossier sous l’autorité des I.A./I.P.R. par discipline, avec le concours des professeurs concernés.
Extension de l'A.I.S. au collège
La mise en place de CLIS (Classe d’Intégration Scolaire) dans le premier degré, pose la question de l’avenir scolaire de la quarantaine d’élèves qui y sont scolarisés.
A partir de la rentrée de septembre 2004, la création d’U.P.I. (Unité Pédagogique d’Intégration), en collège, permettra d’assurer la poursuite de la scolarisation de ces élèves.
C - Les Lycées Polyvalents
Le concept de lycée polyvalent est nouveau à MAYOTTE. Il désigne un établissement de second cycle réunissant en un même lieu les filières générales, technologiques et professionnelles. Il permet, en outre, de marquer symboliquement l’égale dignité des 3 filières. Enfin, la présence en un même lieu de celles-ci, permettra plus aisément d’offrir et de modifier le cursus des élèves.
Au niveau du second cycle, il nous faut aussi diversifier les voies de réussite. Nous entendons le faire de la façon suivante :
Ouverture d'options de seconde à vocation industrielle
Trois nouveaux enseignements de détermination pourraient être offerts en classe de seconde :
afin de multiplier les voies d’orientation possible en première et terminale, soit à La Réunion, soit en métropole. La filière S.T.I. doit être valorisée auprès des élèves et des familles pour ce qu’elle offre en termes de formation, de débouchés et d’utilité économique et sociale.
Ouverture envisagée d'une classe de première d'adaptation S.T.T.
L’une des manières d’encourager les élèves à s’orienter vers les B.E.P. tertiaires, serait de permettre aux meilleurs, de rejoindre la filière S.T.T., via une classe d’adaptation.
Diversification et augmentation de l'offre en CAP, BEP et BAC pro..
La mise en œuvre des propositions consignées dans cette note demandera du temps et des moyens nouveaux, en personnels enseignant notamment. Il faudra poursuivre la construction d’établissements scolaires (écoles, collèges, lycées), aménager des espaces spécifiques au sein des établissements anciens et les équiper du matériel pédagogique adéquat.
Les moyens matériels et humains
Cet aspect de la problématique a déjà été abordé. Nous utiliserons systématiquement les espaces disponibles dans les collèges et les lycées, afin de pouvoir très rapidement accroître l’offre en formations de niveau V.
Avant d’engager le développement de cet enseignement, il conviendra de conduire d’une part une analyse des conditions et des moyens existants, dans chaque établissement (ceci afin de tendre vers une harmonisation), et d’intégrer dans les projets les conclusions du rapport de M. le Recteur JOUTARD sur la rénovation de la technologie, laquelle reste abstraite et peu attractive. (extrait de la "lettre flash du 15/11/02 "valoriser la voie professionnelle" - les 7 mesures engagées par le ministère).
Les moyens en formation et en communication.
Aussi importants que les moyens matériels sont les moyens humains. En effet, rien ne se fera sans l’engagement des personnels de l’Education nationale, de tous les personnels et non pas seulement de quelques-uns. L’action se fonde sur une analyse partagée de la situation et des outils à mettre en œuvre en vue d’aboutir à tels et tels résultats.
Pour mobiliser au mieux les énergies, nous proposons le fonctionnement suivant :
L’adaptation des programmes, la mise en place du dispositif de consolidation et de remédiation, l’étude des évaluations de 6me et de 5me vont imposer des rencontres de réflexion et d’échanges dans le cadre disciplinaire et interdisciplinaire. Toutes les compétences seront les bien venues pour aider les groupes de travail à définir ce qui doit être enseigné en 6me de consolidation, selon quelles méthodes pédagogiques, pour quels résultats attendus.
La formation continue doit également se généraliser, pour tous les enseignants, à tout niveau d’enseignement. Notre académie recèle des trésors de compétences disséminées parmi les enseignants et les autres personnels. Sachons repérer ces compétences et les exploiter pour le bien de tous ! La nomination, en qualité de personnes ressources pédagogiques, de huit enseignants, maîtres formateurs du primaire dans les collèges, à raison d’un maître formateur pour deux collèges, devrait permettre d’engager une réflexion pédagogique de qualité sur les démarches pédagogiques, et la didactique à mettre en œuvre dans les classes de 6me et de 5me, relevant du dispositif de consolidation et de remédiation.
Comme chacun peut le constater, le chantier à entreprendre est important.
L’implication de chacun est requise afin que, progressivement et sans heurts excessifs, nous puissions modeler un dispositif, plus harmonieux que ne l’est celui d’aujourd’hui, car mieux adapté aux attentes des élèves et des familles.
Cette proposition de politique académique s’inscrit sur le moyen terme (4 ou 5 ans).
Je sais pouvoir compter sur l’appui actif de tous.
Enseignant de physique -chimie, converti à la physique appliquée depuis 15 ans, je viens de passer 14 ans dans un lycée technique dont j’ai fais l’ouverture et l’amènagement (car il était vide quand je suis arrivé). J’ai pu constater par la pratique, que un enseignement de qualité dans le technique offrait souvent d’excelentes chances de ressocialisation, de récupération de méthodes de travail, d’interessement d’élèves en difficultés scolaires.
En tant que formateur d’enseignants (dans la DAFPEN) aux RISQUES MAJEURS au sein de la cellule de la DRAC du Rectorat de Versailles, j’ai beaucoup travaillé aux lancements de projets scolaires aussi bien avec des équipes d’adultes (Plan particuliers de mise en sureté ou plan SESAM) que d’élèves (au sein de clubs) pour constater que la dynamique se crée a la fois à partir d’une confiance partagée, d’objectifs définis communautairement, éléments que les projets d’établissements (bien conçus) permettent de d’initier.
La cohérence, la participation et la diversité des objectifs font que cette engagement général de la communauté éducative la rendent particulièrement opérationnelle pour ce type d’objectifs.